Il y a 50 ans disparaissait Boris Vian

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Il y a 50 ans disparaissait Boris Vian

Message par Frodon le Ven 19 Juin - 14:45


Le génial artiste aux talents multiples, mort le 23 juin 1959, fait l'objet de nombreuses publications et rééditions
Son oeuvre littéraire, fut méconnue de son vivant, sauf ses parodies de roman noir, parues sous le pseudonyme de Vernon Sullivan . Il fallut attendre l'effervescence de mai 1968 pour que ses livres comme "L'écume des jours" et "L'automne à Pékin" soient réédités et appréciés.

Il devrait faire son entrée en 2010 dans la Pléiade (Gallimard).

La marque de Vian était son humour, son professionalisme. Ce créateur, écrivain inclassable, poète et musicien, était à la fois sérieux et loufoque. Sa marque est inscrite dans les débuts de sa biographie: " Je suis né par hasard, le 10 mars 1920, à la porte d'une maternité fermée pour cause de grève sur le tas".

Dès l'enfance, dans une famille de la grande bourgeoisie de Ville d'Avray (Seine-et-Oise)-, il est différent des autres: Il est athlétique mais souffre, depuis l'âge de 12 ans d'une insuffisance cardiaque. Sa santé fragile perturbe sa scolarité. Esprit scientifique, il entre à l'Ecole Centrale en 1939, avant d'occuper un poste d'ingénieur à l'Association française de normalisation (AFNOR).

Trompettiste hors pair, c'est dans les clubs de Saint-Germain-des-Prés qu'il devient une figure emblématique du jazz. Son nom est accolé à la joyeuse folie de l'après-guerre dans le quartier latin, où il cotoît Jean-Paul Sartre, Juliette Gréco ou Miles Davis.

Lancé également dans l'écriture, la fantaisie cohabitant avec son sens aigu de l'ordre et de l'organisation, il crée un univers poétique et absurde dans "L'écume des jours" en 1947, où la musique et la maladie sont omniprésentes.

Mais les ventes du livre ne dépassent pas quelques centaines d'exemplaires.

Il connaîtra pourtant le succès avec "J'irai cracher sur vos tombes", une parodie de roman noir, parue sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Scandale. Il sera condamné en 1953 pour atteinte aux bonnes moeurs.

Cette dichotomie entre ses deux pans de son activité littéraire continuera de la même façon. Il acquiert une réputation avec deux autres Sullivan -"Les morts ont tous la même peau", "Et on tuera tous les affreux"-. Ses romans publiés sous son vrai nom sont eux quasiment ignorés. L'échec de "L'arrache-coeur" le conduit en 1953 à abandonner la littérature.

En dépit de la maladie, il écrit des poèmes, des critiques de jazz et signes des tubes de l'époque pour Serge Reggiani ("La java des bombes ") ou Henri Salvador ("Le blues du dentiste"). Il est également l'auteur d'une chanson pacifiste "Le déserteur", qui sera bannie des ondes avant la guerre d'Algérie.

Il joue du jazz dans les boîtes de nuit jusqu'au petit matin, inventant de drôles d'objets le jour. Jusqu'au jour où les médecins -sa santé déclinant- lui interdise la "trompinette". L'insuccès et des problèmes avec le fisc ont raison de lui. Il s'effondre le 23 juin 1959 dans une salle de cinéma lors de la projection d'une adaptation qu'il n'aime pas de "J'irai cracher sur vos tombes".

La réédition de ses romans dans la collection de poche 10/18 le sort de l'oubli dix ans plus tard. La génération post-1968 s'est reconnue dans cet aîné si épris de liberté.

Désormais, "L"écume des jours" a intégré les programmes scolaires et se vend toujours chaque année à 70.000 exemplaires.


Les rééditions , en attendant la Pléiade
Boris Vian fait l'objet d'une vingtaine de publications et rééditions pour le 50e anniversaire de sa mort, le 23 juin, et devrait faire son entrée en 2010 dans la prestigieuse collection La Pléiade.

La plupart de ses romans ou recueils de nouvelles sont réédités sous de nouvelles couvertures au Livre de Poche, qui publie ses livres depuis 1997. Chez le même éditeur, son "Manuel de Saint-Germain-des-Prés", un petit guide plein de fantaisies paraît pour la première fois avec des dessins originaux.

Pour découvrir le poète, on trouvera aussi "Je voudrais pas crever" (Les Allusifs) ou "Cent sonnets" (Livre de Poche) composés de 1939 à 1943.

Côté BD, "Piscine Molitor", une biographie de Vian en bande dessinée, paraît chez Dupuis et ses chansons sont rééditées chez Petit à petit.

Plusieurs livres consacrés à l'écrivain paraissent également : "Boris Vian" (Gallimard), biographie signée Marc Lapprand et François Roulmann, "Boris Vian , le sourire créateur" (Ecriture) de Valère-Marie Marchand ou "Boris Vian , le swing et le verbe" (Textuel) de Nicole Bertold et François Roulmann.

Les éditions Horay rééditent leur "Boris Vian en verve", recueil d'aphorismes et de citations, et Flammarion le "Boris Vian " de Philippe Boggio.
"Et on tuera tous les affreux" sort en version sonore chez Audiolib et la scène française lui rend hommage avec un double CD, "On n'est pas là pour se faire engueuler" (AZ/Universal), également décliné sur scène.


Un coffret "Boris Vian , 100 chansons" (productions Jacques Canetti) réunit en quatre CD des morceaux chantés par leurs interprètes originaux (Serge Reggiani, Mouloudji...) et d'autres plus inattendus (Joan Baez ou Catherine Ringer), et propose un témoignage écrit de l'un de ses compositeurs, Jimmy
Walter. Autre interprète de Vian, Magali Noël, sort un double CD (Dreyfus).

Enfin, les romans, nouvelles et chroniques de Vian doivent être regroupés en deux volumes de la collection La Pléiade à paraître en 2010.

Hommage également à la télévision, avec "Bulles de Vian " et un documentaire intitulé "Boris Vian , la vie jazz", diffusés jeudi 18 juin sur Arte.

"Un anarchiste passif"
Pour Jimmy Walter, l'un des principaux compositeurs de l''oeuvre chantée de Boris Vian, l'homme était "un antisocial..à l'esprit potache..qui ne voulait pas entendre parler de normes".

"Têtu, bossu, consciencieux, il ne revenait jamais sur un avis. C'était un individu au grand coeur. Je dirais que c'était un anti-social, un anarchiste passif: il ne voulait pas entrer dans le système mais à mon avis, il souffrait beaucoup de ne pas être reconnu. Dans les derniers temps, il était découragé et pessimiste.", indique Jimmy Walter.

Qu'aurait-il pensé de la foule d'hommages, saluant aujourd"hui sa mémoire: "Sa coqueterrie à lui était de faire celui qui se foutait des critiques...Mais une nuit qu'on travaillait chez lui, j'ai vu dans la poubelle un tas de journaux avec des articles sur lui. Il se précipitait pour les acheter, les lisait puis les jetait. C'était sa coquetterie, je ne lui en ai jamais parlé!", explique le compositeur.

Pour Jimmy Walter, si son oeuvre est toujours d'actualité 50 ans après sa mort, c'est parce qu"'il était avant-gardiste, et les problèmes d'il y a 50 ans sont toujours les mêmes: les gouvernements se ressemblent, sont toujours plus ou moins corrompus, et la société évolue mais ne bouge pas. Ses qualités premières étaient son intelligence et sa lucidité sur tout ce qui l'entourait. Il disait souvent: +Il y a les cons et il y a les autres!+"



Un double album avec moult stars
D'Olivia Ruiz à Philippe Katerine en passant par Carla Bruni, Daniel Darc, Emily Loizeau ou les comédiens Jean-Louis Trintignant, Edouard Baer et Carole Bouquet, la scène française rend hommage à Boris Vian avec un double album de reprises également décliné sur scène.

Ce double CD intitulé "On n'est pas là pour se faire engueuler"
(AZ/Universal) sortira mardi 23 juin, jour du 50e anniversaire de la mort de Vian .


Le spectacle qui en est issue, créé les 9 et 10 juin aux nuits de Fourvière à Lyon, sera présenté Salle Plyel à Paris le 23, puis le 11 juillet aux Francofolies de La Rochelle.

Ce double album comprend deux volets. Le premier, "Chansons probables" propose vingt reprises dans des arrangements modernisés.
Parmi elles, des relectures de "On n'est pas là pour se faire engueuler" par un collectif notamment formé d'Olivia Ruiz, Matthieu Boogaerts ou Jane Birkin, "Je bois" par Katerine, "Blouse du dentiste" par Maurane, "Rock'n'roll mops" par Didier Wampas, "J'suis snob" par Michel Delpech ou "Le déserteur" par Juliette Gréco.

Le deuxième disque, "Chansons improbables", réunit des morceaux tirés des manuscrits de Borus Vian, mis en musique par des artistes actuels des artistes actuels comme Zebda ("C'est ici"), Carla Bruni ("Valse des mannequins") ou Holden ("Il est tard"). Des comédiens lisent d'autres textes plus connus sur un fond musical,
comme Edouard Baer ("Je voudrais pas crever") ou Jean-Louis Trintignant ("Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale").

Ce dernier sera à l'affiche du spectacle de Pleyel, aux côtés d'Agnès Jaoui, Barbara Carlotti, Thomas Fersen, Arthur H, Adrienne Pauly, Carmen Maria Vega, François Hadji Lazaro et Merlot. Ce projet ambitieux est dédié à la mémoire d'Henri Salvador et Alain Bashung, qui auraient dû y participer.

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Re: Il y a 50 ans disparaissait Boris Vian

Message par Frodon le Mar 23 Juin - 12:27

Ca fait 50 ans aujourd'hui que disparaissais Boris Vian.

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