Ben Ali écarté définitivement du pouvoir

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Ben Ali écarté définitivement du pouvoir

Message par Frodon le Sam 15 Jan - 13:57

Le président tunisien a été définitivement écarté du pouvoir en vertu d'une décision samedi du Conseil constitutionnel
Celui-ci a déclaré une "vacance du pouvoir".

Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui avec sa famille dans la nuit de vendredi à samedi à Jeddah, en Arabie Saoudite, est remplacé par le président du Parlement, Foued Mebazaa. Depuis le départ de Ben Ali, l'intérim était assuré par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi.

Intervenant vendredi soir à la télévision nationale, ce dernier s'était présenté comme président par intérim.

Le Conseil constitutionnel a par ailleurs indiqué qu'une nouvelle élection devait se tenir dans les 60 jours.

La "Révolution du jasmin"
"C'est le premier chef d'Etat arabe amené à fuir le pouvoir sous la pression populaire", a rappelé Zaki Laidi, directeur de recherche à l'Institut d'études politiques de Paris, sur France 24, soulignant: "C'est quand même un événement colossal dans une région du monde qui se caractérise par une longévité non démocratique des régimes".

Selon une source proche du gouvernement français, Paris "ne souhaitait pas" la venue de M. Ben Ali , expliquant notamment cette position par le risque de mécontentement de la communauté tunisienne dans l'ex-puissance coloniale. Une fille et une petite-fille du président tunisien seraient cependant arrivées dans la nuit de vendredi à samedi à l'aéroport du Bourget, près de Paris.

Le président tunisien avait quitté Tunis au terme d'un mois d'une contestation populaire, que les Tunisiens ont eux-mêmes appelée "Révolution du jasmin", et qui a été réprimée dans le sang au prix de plusieurs dizaines de morts.

Quasi-simultanément au départ du chef de l'Etat, le Premier ministre sortant, Mohammed Ghannouchi, a annoncé à la télévision qu'il assurait l'intérim de la présidence jusqu'à nouvel ordre en vertu d'un décret signé par M.Ben Ali. Il a lancé vendredi soir un appel à l'unité des Tunisiens et annoncé le début dès samedi de consultations avec les familles politiques du pays.

Des interrogations sur Ghannouchi, proche de Ben Ali
Le premier ministre, Mohammed Ghannouchi, qui aura 70 ans cet été, a lancé vendredi soir un appel à l'unité des Tunisiens, "toutes sensibilités politiques et régionales confondues, à faire preuve de patriotisme et d'unité".

Il a annoncé vendredi soir qu'il allait rencontrer samedi les dirigeants des partis politiques en vue de former un gouvernement.

Les observateurs s'interrogent sur le fait de savoir si M.Ghannouchi représente un vrai changement à la tête du pays ou une continuité puisqu'il est considéré comme un homme de Ben Ali. Le nouveau président par intérim faisait en effet partie de l'équipe arrivée au pouvoir lorsque Ben Ali avait été nommé Premier ministre par le président Habib Bourguiba en octobre 1987. Six semaines plus tard, lorsque Ben Ali dépose le fondateur de la Tunisie moderne et prend la présidence, Mohamed Ghannouchi est nommé à la tête du ministère des Finances puis à la Coopération internationale et aux Investissements. Le 17 novembre 1999, Ben Ali en fait son Premier ministre.

Ces dernières semaines, alors que le mouvement de contestation prenait de l'ampleur, la présence de Ghannouchi s'était accrue. C'est lui qui avait annoncé cette semaine le limogeage du ministère de l'Intérieur. Il avait également accordé des interviews aux médias internationaux pour défendre la gestion de la crise par les autorités. Dans la journée de vendredi, celui qui était encore Premier ministre avait annoncé le limogeage du gouvernement par le président Ben Ali. Il avait ajouté avoir été chargé lui-même de former le nouveau gouvernement par le chef de l'Etat.

Le film de vendredi, journée où tout a basculé
Des milliers de manifestants se rassemblent dès le matin à Tunis et en province (Sidi Bouzid et Regueb (centre-ouest), Kairouan (centre)) aux cris de "Ben Ali dehors".
Le ministre tunisien des Aaffaires étrangères, Kamel Morjane, estime possible la formation d'un gouvernement d'union nationale.

- Dans l'après-midi, à Tunis, les manifestants sont dispersés par la police à coups de grenades lacrymogènes. Des heurts violents opposent manifestants et policiers anti-émeutes. Des blindés de l'armée se déploient devant les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et devant la télévision et radio nationales.

-Ben Ali limoge son gouvernement dans le cadre de mesures d'apaisement annoncées la veille et appelle à des législatives anticipées dans six mois, déclare le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, qui indique avoir été chargé de former le nouveau gouvernement.

- L'état d'urgence est décrété dans tout le pays. L'armée contrôle l'aéroport de Tunis qui est fermé.

- Les principaux partis d'opposition tunisiens, légaux comme interdits, demandent "le départ de Ben Ali et l'instauration d'un gouvernement provisoire chargé dans les six mois d'organiser des élections libres", dans une déclaration publiée à Paris.

- Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi annonce à 17h GMT à la télévision qu'il assure l'intérim de la présidence en remplacement de Zine El Abidine Ben Ali, qui a quitté le pays après 23 ans de pouvoir. Il lance un appel à l'unité des Tunisiens, toutes sensibilités confondues et assure que la Constitution sera respectée.

Le sort de Ben Ali
Après avoir indiqué ne pas avoir eu de "demande d'accueil" en France du président en fuite, Paris avait fait savoir qu'il examinerait une éventuelle requête "en accord avec les autorités constitutionnelles tunisiennes". Des rumeurs indiquaient alors que le président Ben Ali devait se poser au Bourget, près de Paris.

Vers 22h, la télévision quatarie Al Jazeera précisait que l'avion du président tunisien se dirigeait vers un pays du Golfe et vers 23h Paris confirmait qu'il "ne souhaitait pas" la venue sur son sol du président tunisien.

Ben Ali a finalement été accueilli à Jeddah, en Arabie saoudite, dans la nuit de vendredi à samedi, avec sa famille.

Un avion en provenance de la Tunisie transportant une fille et une petite fille de Ben Ali s'est posé sur au Bourget vers 19h30 (18h30 GMT), rapporte lemonde.fr.

Réactions en France et aux USA
La France "prend acte de la transition constitutionnelle" en Tunisie, annoncée par le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, indique vendredi soir un communiqué de l'Elysée.

"La France souhaite l'apaisement et la fin des violences. Seul le dialogue peut apporter une solution démocratique et durable à la crise actuelle", affirme les services de Nicolas Sarkozy. "La France se tient aux cotés du peuple tunisien dans cette période décisive", conclut le texte de trois paragraphes.

Le président Nicolas Sarkozy et le Premier ministre François Fillon ont tenu une réunion sur la Tunisie de plus d'une heure vendredi qui s'est achevée peu avant 21h.

Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste français, a estimé vendredi soir que le départ du président tunisien Ben Ali "doit permettre la transition démocratique", tout en demandant à la France de "s'engager sans ambiguité en faveur de la démocratie en Tunisie ".

Quelque 200 personnes se sont réunies vendredi soir à Paris aux abords de l'ambassade de Tunisie dans le VIIe, saluant l'annonce du départ de son pays du président Ben Ali. "On est content qu'il soit parti, cela fait 23 ans qu'on attend ça", expliquait un Français d'origine tunisienne, "c'est tout le système qui doit partir", ajoutait-il. Des Tunisiens de Marseille, mobilisés depuis plusieurs jours eux aussi contre le régime de Ben Ali, ont laissé éclater leu joie vendredi soir, tout en restant prudents voire inquiets sur l'avenir immédiat du pays.

Les Etats-Unis ont invité vendredi soir les autorités tunisiennes à tenir les promesses faites par Ben Ali, et notamment à respecter les droits de l'homme et à procéder à des réformes politiques. Le président américain Barack Obama a salué vendredi le "courage et la dignité" du peuple tunisien après la fuite du président Ben Ali, et appelé le gouvernement à organiser des élections "libres et justes" dans "un proche avenir".
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Frodon
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