Un "Découvertes Gallimard" sur Romain Gary

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Un "Découvertes Gallimard" sur Romain Gary

Message par Frodon le Lun 8 Oct - 15:51

Les orphelins de Gary peuvent se réjouir : un "Découvertes Gallimard" nous rend l'enfant de Vilnius


En une centaine de pages denses et richement illustrées, "Romain Gary. A la traversée des frontières" retrace l'exceptionnel parcours de cet aventurier, diplomate et surtout écrivain, deux fois couronné du Goncourt (sous le nom de Romain Gary pour "Les racines du ciel" en 1956, sous celui d’Emile Ajar pour "La vie devant soi" en 1975).

En six chapitres ("Une enfance européenne", "L'apprentissage de l'étranger", "Le sang donné", "Français du monde entier", "L'enchanteur sur tous les fronts" , "La mort devant soi comme une oeuvre"), l'auteur, Jean-François Hangouet, ouvre de multiples pistes pour cerner un auteur aux milles vies et aux nombreux pseudos.

Né à Vilnius le 21 mai 1914, à la veille de la Première guerre mondiale, Romain Kacew voit le jour dans une région qui est le creuset de "populations balte, polonaise, russe, biélorusse, ukrainienne, juive, allemande, ou encore karaïme, tatare ou mongole", rappelle ce grand spécialiste de Romain Gary. Pour famille, un Père absent (d'abord à la guerre, puis parti vers d'autres cieux) et une mère en adoration qui décide, en 1928, de l'emmener à Nice, en France, pays qu'elle mythifie depuis toujours.

Romain Gary racontera plus tard, dans "La promesse de l'aube", cette adolescence niçoise, les humiliations subies, l'énergie de la mère, qui devient gérante d'un hôtel pension, et ses études littéraires brillantes. Premières nouvelles publiées en 1935 (dans le très droitier Gringoire) et choix d'une carrière : fasciné par l'épopée de Mermoz, il entre dans l'armée pour accéder à 'Ecole de l'air.

"En mars 1939", souligne Hangouët, "il est le seul de sa promotion d'élèves officiers à n'être pas reçu à l'issue de l'examen final. C'est l'étranger qui est recalé : sa naturalisation était trop récente".

On connaît la suite : au début de la seconde Guerre mondiale, l'étranger recalé sera parmi les premiers à rejoindre les Forces aériennes françaises libres, autour du général de Gaulle. Sur 200, ils seront, à la fin de la guerre, cinq survivants. Une autre vie commence.

Démobilisé, il entame une carrière de diplomate, qui le mènera de Sofia à La Paz où il apprend avoir obtenu le prix Goncourt pour "Les racines du ciel" (1956). Puis aux Etats-Unis, où il publie des livres directement écrits en langue anglaise, comme "Lady L." qui ne paraîtra que cinq ans plus tard en France.

En 1959, il tombe fou amoureux de Jean Seberg. Se met deux ans plus tard en disponibilité du ministère des Affaires étrangères, s'initie au cinéma (adaptant son livre "Les oiseaux vont mourir Pérou", puis réalisant en 1972, un second film, "Kill").

C'est en 1974 que paraît "Gros-Câlin", le premier livre signé Ajar. Un an avant le Goncourt obtenu sous cette signature pour "La vie devant soi" (1975). Les rumeurs battent leur plein, mais Gary ne sera pas démasqué. Ajar n'aura que cinq ans d'existence : le 2 décembre 1980, Romain Gary se tue d'une balle de revolver, laissant ce dernier mot : "Je me suis bien amusé. Au revoir et merci".

Si nous ne connaissez pas Romain Gary, ce petit livre fluide et savant vous initiera en douceur à ce magicien des mots qui vécut tant de vies parallèles. Si vous le connaissez, c'était le livre qui manquait encore à votre bibliothèque, au côté des imposants Cahiers de l'Herne consacré au même auteur, et, naturellement, de l'oeuvre complète Gary-Ajar.


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